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Ornières de chars de Mġarr taillées dans la roche calcaire maltaise

Malte : des ornières de chars analysées, un réseau vieux de plusieurs millénaires ?

Photo : Continentaleurope, CC BY-SA 4.0, Wikimedia Commons

MondePar la rédaction d’Archéo-Logis3 min de lecture

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Sur l’archipel maltais, de profondes rainures creusées dans la roche pourraient être les traces laissées par les roues de chars au fil de nombreux siècles. Selon Archaeology Magazine, qui s’appuie sur un article de Gizmodo, l’analyse de ces ornières, longtemps attribuées à une activité d’extraction de pierre, remet en question leur datation. Les travaux du chercheur Joel Grima, de l’université de Malte, ont été publiés dans le Journal of Archaeological Science : Reports.

Des ornières longtemps attribuées aux carrières

Les rainures profondes gravées dans le substrat rocheux de l’archipel maltais sont connues depuis longtemps. Jusqu’ici, on leur attribuait une origine liée à l’extraction de la pierre, et l’on supposait qu’elles dataient d’une période comprise entre 5200 et 750 avant notre ère.

Ces tracés, parfois alignés et souvent regroupés, rappellent davantage des chemins de passage que de simples entailles de carrière. Leur nature précise restait toutefois débattue, faute d’une analyse d’ensemble capable de les replacer dans leur contexte topographique.

Un réseau de plus de 2 600 tracés

Selon les données rapportées, plus de 2 600 ornières ont été recensées sur l’archipel, pour un total dépassant 30 miles, soit près de 50 kilomètres. La plupart forment des grappes, et certaines évoquent un réseau connecté, presque comparable à un réseau ferroviaire, ce qui suggère une circulation organisée plutôt que des entailles isolées.

Ce type de trace n’est pas propre à Malte. Des ornières similaires se rencontrent dans des zones urbaines d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord, ce qui montre que le passage répété de véhicules à roues laisse durablement sa marque dans la roche, en particulier lorsqu’elle est tendre et calcaire.

Une méthode fondée sur la modélisation numérique

Joel Grima a réalisé des modèles numériques des ornières, qu’il a mis en relation avec d’autres structures et formations voisines. Cette démarche permet d’examiner la géométrie des tracés, leur profondeur et leur organisation spatiale, au-delà de la seule observation sur le terrain.

La modélisation offre ainsi un outil pour confronter les hypothèses. Une ornière creusée par le roulage de roues ne présente pas nécessairement les mêmes caractéristiques qu’une entaille liée à l’extraction de blocs, et cette comparaison rend l’interprétation plus rigoureuse, sans se limiter à des intuitions.

Une datation revue à la baisse

Selon Joel Grima, de nombreux tracés pourraient être datés de la colonisation phénicienne de Malte, vers 700 avant notre ère, jusqu’à la fin de la période byzantine, vers 870 de notre ère. Les ornières couvriraient ainsi plusieurs phases culturelles successives, de l’Antiquité à l’époque médiévale.

Cette hypothèse conduit à considérer que ces traces sont sans doute moins anciennes qu’on ne le pensait. Elles témoigneraient d’usages répétés sur la longue durée, plutôt que d’un chantier unique et très reculé dans le temps, ce qui modifie la lecture chronologique de l’archipel.

Ce que la recherche change pour Malte

En reconstituant l’usage des chemins et des chars, cette étude éclaire l’organisation des déplacements et des échanges sur l’archipel à diverses époques. Elle invite à considérer le paysage maltais comme la mémoire vivante d’une circulation humaine ancienne, inscrite dans la pierre elle-même.

Les ornières rappellent que les traces les plus discrètes peuvent renseigner sur la vie quotidienne des anciennes communautés. Elles ouvrent la voie à de nouvelles fouilles et à des datations plus précises, notamment pour distinguer les tracés médiévaux de ceux de l’âge du fer.

Questions fréquentes

Que sont les ornières de Malte ?

Ce sont des rainures profondes creusées dans la roche de l’archipel maltais. Plus de 2 600 tracés ont été recensés, totalisant plus de 30 miles, soit près de 50 kilomètres.

Les ornières de Malte sont-elles liées à des carrières ?

On le supposait jusqu’ici, mais l’analyse de Joel Grima suggère qu’il s’agit plutôt de traces de roues de chars utilisées sur plusieurs millénaires. Les ornières relèvent donc surtout de la circulation.

Quelle est l’époque de ces ornières ?

Selon l’étude, beaucoup pourraient dater de la colonisation phénicienne, vers 700 avant notre ère, jusqu’à la fin de la période byzantine, vers 870 de notre ère. Elles seraient moins anciennes qu’on ne le pensait.

Où lire l’étude sur les ornières de Malte ?

Les travaux sont publiés dans le Journal of Archaeological Science : Reports. Archaeology Magazine en fait état dans son actualité du 22 octobre 2026.

Sources

Synthèse originale rédigée avec l’aide d’une intelligence artificielle à partir des sources citées, puis contrôlée automatiquement (longueur, reprises, sources). Les informations et citations appartiennent à leurs auteurs.

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