La porte de Mars est le plus large arc subsistant du monde romain : 33 mètres de long pour une épaisseur de 6,40 mètres et une hauteur actuelle de 13 mètres, avec trois arches rythmées par des colonnes sur piles. Elle était l’un des quatre arcs monumentaux élevés aux entrées cardinales de Durocortorum, pour célébrer la grandeur de la ville. Les trois autres ont disparu. Son nom vient d’un temple de Mars qui se trouvait à proximité.
Sa survie tient à son histoire mouvementée. Au IVe siècle, l’arc est inclus dans le rempart de la ville et devient la porte nord. Vers 1228, il est englobé dans le château des archevêques, qui le protège pendant des siècles. Henri IV fait raser le château en 1595, mais l’arc reste en grande partie enfoui jusqu’à son dégagement en 1816 puis en 1844, et sa restauration en 1854, sous l’impulsion de Prosper Mérimée.
Le décor intérieur des voûtes fait toute la valeur du monument. Une série de médaillons forme un calendrier des travaux des champs : laboureurs, vendangeurs, moissonneurs gaulois, meunier. Sous l’arcade ouest, la louve romaine allaite Romulus et Rémus, rappelant une légende locale qui fait de Rémus le fondateur de Reims. L’arcade orientale, très endommagée, laisse deviner Léda et Zeus en cygne.