L’intérêt de Gergovie tient d’abord à l’événement qu’on y associe : au printemps 52 avant notre ère, les troupes de Vercingétorix y vainquent les légions de César. Le site a aussi livré des traces d’occupation bien plus anciennes, du Néolithique et de l’âge du bronze, ainsi qu’une fortification du Ve siècle avant notre ère. Trois oppidums voisins, Corent, Gondole et Gergovie, apparaissent d’ailleurs dans la plaine de Limagne dès le IVe siècle avant notre ère.
L’archéologie a beaucoup apporté. Sous Napoléon III, des fouilles impériales mettent au jour le rempart, et le plateau, jusque-là nommé plaine de Merdogne, prend officiellement le nom de Gergovie en 1865. Les campagnes menées depuis, notamment dans les années 1990, ont confirmé l’existence d’un camp romain et la cohérence du système de fossés. Le rempart est un mur à éperons de type hellénistique, atypique en Gaule.
Le lieu a aussi une histoire plus récente. Entre 1940 et 1943, des étudiants de l’université de Strasbourg, repliés à Clermont-Ferrand, y ont fouillé afin d’échapper à l’incorporation dans l’armée du Reich. C’est leur enseignant en histoire, Gaston Zeller, qui avait eu l’idée de ce chantier, et le résistant Jean Cavaillès, fondateur de Libération-Sud, est lui aussi lié à ce lieu. Leur souvenir est entretenu sur place, à côté des vestiges gaulois.