L’enceinte aux gros blocs
Les murs en pierres énormes, longs de 40 mètres, forment un rempart impressionnant. On mesure la force nécessaire pour déplacer des blocs d’une tonne et les assembler à l’époque du bronze.

Une forteresse de l’âge du bronze, nichée dans un chaos granitique de l’Alta Rocca, avec son énigmatique tour voûtée.
Perché à 700 mètres d’altitude sur le plateau de Levie, en Corse-du-Sud, le castellu de Cucuruzzu appartient à la culture torréenne, qui a édifié ses forteresses de granite il y a plus de trois millénaires. Une enceinte en gros blocs, un escalier taillé dans le rocher et une tour dont la voûte d’origine est unique en Corse composent un site spectaculaire, resté longtemps isolé. À deux pas, le castellu de Capula complète la visite.
Cucuruzzu est un exemple très complet de « castellu a torra », un type de forteresse propre à la culture torréenne de Corse. Il s’appuie sur un chaos granitique et protège ses occupants derrière une enceinte de 40 mètres sur 20, élevée avec de gros blocs dont certains pèsent environ une tonne. Les murs sont encore conservés sur une hauteur moyenne de cinq mètres. On n’y entre que par un escalier taillé dans une boule de granite, prolongé par une chicane.
À l’intérieur, une terrasse semi-circulaire a conservé les traces de foyers, et une coursive longe l’enceinte. Trois petites cellules, aménagées dans l’épaisseur du mur, servaient plutôt de réserves de vivres et d’eau que d’habitation. Plus haut, à une dizaine de mètres, se dresse la torra, séparée du castellu par de gros blocs rocheux. Sa petite salle semi-circulaire a gardé sa voûte d’origine en encorbellement, un cas unique en Corse.
Les archéologues ont retrouvé ici de la céramique, des pointes de flèche en silex et en obsidienne, de l’hématite et quelques objets en bronze. Le site, fréquenté dès le Néolithique, a surtout été habité sans interruption du Bronze moyen jusqu’à la fin du IIIe siècle avant notre ère. Découvert en 1959, fouillé par Roger Grosjean puis François de Lanfranchi, il a été restauré pour être ouvert au public.
Les murs en pierres énormes, longs de 40 mètres, forment un rempart impressionnant. On mesure la force nécessaire pour déplacer des blocs d’une tonne et les assembler à l’époque du bronze.
Une seule entrée permet de pénétrer dans le castellu : un escalier taillé dans une boule de granite naturelle, prolongé par un passage en chicane. Un dispositif simple, très efficace pour contrôler les allées et venues.
Dominant le castellu d’une dizaine de mètres, la torra s’appuie sur le chaos granitique. Sa salle intérieure, au plan semi-circulaire, est couverte d’une voûte en encorbellement qui a traversé les siècles.
Un peu plus haut, à 759 mètres, le castellu de Capula fut bâti au IXe siècle sur une structure plus ancienne. On y a redressé une statue-menhir ornée d’une épée en bas-relief, retrouvée en deux fragments dans un escalier médiéval.
Les céramiques, armatures de flèches et fragments de bronze trouvés sur le site sont conservés à Levie, dans le musée de l’Alta Rocca. Une visite utile pour mettre des objets du quotidien sur les pierres de Cucuruzzu.
Le castellu s’élève sur un chaos granitique qui domine le nord du plateau de Levie, vers 700 mètres d’altitude, au cœur de l’Alta Rocca, dans l’intérieur de la Corse-du-Sud. On y accède en voiture par des routes de montagne sinueuses, depuis Levie, puis à pied par un sentier. Prévoyez du temps pour le trajet : en Corse, les distances se mesurent surtout en heures de conduite.
À 700 mètres, dans l’Alta Rocca, le printemps et le début de l’automne offrent les conditions les plus confortables pour marcher entre les rochers, sans la chaleur qui peut peser en plein été. Juillet et août sont les mois les plus fréquentés en Corse : partez tôt le matin. Vérifiez les dates d’ouverture sur le site officiel avant de venir.
Mois conseillésValeur : température maximale moyenne
Le meilleur moment : Arrivez à l’ouverture pour profiter du site au calme et de la lumière du matin sur le granite. Évitez le milieu de journée en été.
Normales 1991-2020, Météo-France (Licence Ouverte), stations Sampolo (24 km), Levie (2 km), Figari (24 km).
Prévisions MET Norway (api.met.no, CC BY 4.0), mises à jour chaque jour.
Auberge de jeunesse · à 3 km
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Autres hébergements : données © les contributeurs d’OpenStreetMap (ODbL), établissements disposant d’un site web, distances à vol d’oiseau.




C’est une forteresse de pierre construite en Corse à l’âge du bronze par la culture torréenne. Elle associe une enceinte, appuyée sur un chaos de rochers, à une tour de pierre, la torra. Cucuruzzu en est l’un des exemples les mieux conservés et les plus faciles à visiter.
La torra, avec sa salle semi-circulaire couverte d’une voûte en encorbellement conservée depuis l’origine, unique en Corse, et l’entrée par un escalier taillé dans le granite. L’ensemble donne une idée très concrète de l’architecture défensive de l’âge du bronze insulaire.
Comptez environ une heure et demie à deux heures, pour parcourir le castellu de Cucuruzzu et rejoindre le castellu de Capula tout proche. Ajoutez un peu de temps si vous voulez photographier le chaos granitique ou prolonger la visite par le musée de Levie.
Le castellu de Capula, un peu plus haut, date du IXe siècle et s’appuie sur une structure plus ancienne de l’âge du bronze ou du fer. On y voit surtout une statue-menhir restaurée et redressée, ornée d’une épée en bas-relief sur la face.
Les céramiques, pointes de flèche, fragments d’hématite et objets de bronze découverts lors des fouilles sont réunis à Levie, dans le musée de l’Alta Rocca. Les vestiges de Cucuruzzu se complètent donc par une visite en ville, si votre emploi du temps le permet.
Sources : Wikipédia : Castellu di Cucuruzzu (CC BY-SA, faits vérifiés et reformulés) · Wikidata Q1048878 (CC0) · Météo-France, données climatologiques mensuelles (Licence Ouverte) · Insee via geo.api.gouv.fr (Licence Ouverte) pour les villes proches. Photos : Wikimedia Commons, auteurs et licences indiqués sur chaque image.

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