La porte Noire est un arc de triomphe, non une porte de ville : à l’origine, elle ne fermait aucun rempart. Elle s’élevait au sud du cardo maximus, là où la voie venue d’Italie entrait dans la ville, au pied du futur mont Saint-Étienne. Elle rappelle les victoires de Marc Aurèle contre les peuples germaniques et sarmates, ainsi que celles de Lucius Verus contre les Parthes. Dans l’Antiquité, on la nommait Porte de Mars.
Le monument étonne par ses proportions : plus de seize mètres de haut pour seulement deux mètres de profondeur, avec une ouverture de plus de onze mètres de hauteur. Tout l’espace est occupé par des sculptures, et le sommet portait sans doute des statues. L’arc se distingue des autres arcs gallo-romains par cette abondance de thèmes mythologiques. Aujourd’hui, le travail du temps a beaucoup estompé les reliefs, mais l’ensemble garde une grande présence.
La date exacte reste discutée. Une première hypothèse plaçait l’arc entre 171 et 175, mais l’analyse du décor propose plutôt 177-180, pour honorer Marc Aurèle et son fils Commode. Au IIIe siècle, face aux invasions, l’arc est intégré à l’enceinte et joue le rôle d’une porte. Sa pierre de Vergenne, tendre et facile à sculpter, vieillit mal : l’usure et la pollution ont effacé une grande partie des figures.