Le site rappelle les débuts de l’île, alors appelée Bourbon. Deux expéditions françaises partent de Fort-Dauphin, dans le sud de Madagascar : la première en 1654, avec Antoine Couillard, qui repart en 1658 ; la seconde en 1663, menée par Louis Payen, avec un autre Français dont le nom fait débat et dix Malgaches, sept hommes et trois femmes. Cette seconde présence se prolonge : elle est considérée comme l’acte de naissance du peuplement.
Reste à savoir si la caverne actuelle fut leur abri. Les fouilles n’ont révélé aucune trace de campement, et la source qui jaillit de la grotte rend le lieu peu propice à une installation. Les deux Français se sont sans doute installés dans une cavité voisine, plus au sud, aujourd’hui effondrée. Une carte du littoral dressée en 1806 mentionne d’ailleurs un cimetière, non une grotte des premiers Français.
Le parc a aussi révélé un cimetière d’esclaves, utilisé jusqu’en 1848 et qui renfermerait, selon les estimations rapportées, environ 50 000 défunts. Les lieux d’inhumation des esclaves restaient jusque-là largement inconnus, puisque ces hommes et ces femmes n’avaient pas accès aux cimetières proches des églises, et beaucoup d’autres sont encore à retrouver. Cette découverte rappelle, avec force, une page essentielle de l’histoire de La Réunion.