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Façade du cairn de Barnenez avec les entrées de dolmens, sous un ciel bleu
  • Mégalithes et Néolithique
  • Monument historique

Cairn de Barnenez

Une montagne de pierres sèches plus ancienne que les pyramides, au-dessus de la baie de Morlaix.

Photo : No machine-readable author provided. NewPapillon assumed (ba, CC BY-SA 3.0

Sur la presqu’île de Kernélehen, à Plouezoc’h, le cairn de Barnenez domine la baie de Morlaix. Long de 75 mètres, il recouvre onze dolmens à couloir, élevés en pierres sèches entre environ 4700 et 4200 avant notre ère. Cette masse aux teintes sombres et claires compte parmi les plus anciens monuments d’Europe. André Malraux l’avait surnommée le « Parthénon mégalithique ». On y vient pour l’échelle, pour la vue sur la mer et pour les entrées de dolmens alignées sur la façade.

  • Passionnés d’histoire
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Pourquoi ce site est remarquable

Barnenez n’est pas un seul monument, mais deux cairns accolés. Le plus ancien, à l’est, abrite cinq dolmens et remonte à environ 4700 avant notre ère. Le second, deux fois plus volumineux, prolonge l’ensemble vers l’ouest avec six dolmens, construits vers 4300 et 4200. Les datations placent le premier chantier environ vingt et un siècles avant la plus ancienne pyramide égyptienne, ce qui en fait un témoin majeur des débuts du mégalithisme atlantique.

Le chantier est impressionnant. On estime à environ 2 000 mètres cubes le volume de pierres mises en œuvre, soit près de 4 000 tonnes, l’essentiel extrait à quelques centaines de mètres. Aucun mortier : tout est en pierres sèches, disposées en gradins successifs qui servaient d’échafaudage. Certaines voûtes en encorbellement, faites de plaquettes de granite empilées, sont arrivées intactes jusqu’à nous, soit plus de soixante siècles après leur édification.

Le site a failli disparaître. Au printemps 1955, un entrepreneur ouvre une carrière dans le cairn et éventre plusieurs chambres, avant que le préhistorien Pierre-Roland Giot, alerté par un journaliste, ne fasse arrêter les travaux. Le monument est classé dès le 18 janvier 1956, fouillé jusqu’en 1968, consolidé et restauré. Aujourd’hui, il mesure 75 mètres de long pour une hauteur moyenne de 6 mètres.

Ce qu’il y a à découvrir

La façade aux entrées de dolmens

La grande façade, tournée vers le sud-sud-est, aligne les entrées de plusieurs dolmens. La métadolérite sombre et le granite plus clair dessinent des bandes de teintes différentes. C’est la vue d’ensemble la plus spectaculaire du site.

Couloirs et chambres

Les couloirs mesurent de 5 à 14 mètres et aboutissent à des chambres rondes ou polygonales, souvent voûtées en encorbellement. Leur architecture varie d’un dolmen à l’autre, ce qui laisse penser qu’ils n’avaient pas tous la même fonction. Renseignez-vous sur l’accès à l’intérieur.

Les gravures néolithiques

Deux dolmens portent des signes gravés : un écusson aux lignes rayonnantes sous une dalle du couloir J, et des haches, un arc, des signes en U ou des vagues dans la chambre H. Des traces de peinture rouge et noire y ont été repérées en 2012.

La baie de Morlaix

Perché à 45 mètres d’altitude, le promontoire offre un large panorama sur l’estuaire de la rivière de Morlaix et sur la baie. Cette vue, qui donne envie de s’attarder, rappelle pourquoi les bâtisseurs ont choisi cet emplacement.

Le saviez-vous ?

  1. En breton, le grand cairn s’appelle Kerdi Bras ; un petit voisin très abîmé, Kerdi Bihan, est situé non loin de là, vers le nord-ouest.
  2. En 1955, les carriers ont éventré quatre chambres, notées de A à D, avant d’être arrêtés grâce à une alerte lancée par un journaliste d’Ouest-France.
  3. Certaines voûtes de pierre ont tenu plus de 6 000 ans, malgré les séismes que le Massif armoricain a certainement connus.
  4. Les archéologues estiment que le chantier a pu demander entre cent cinquante et deux cent mille heures de travail.
  5. Dans le petit cairn voisin, on a découvert quelques restes d’un chien.

Situation

Le cairn se dresse à Plouezoc’h, commune de la côte nord du Finistère, au bout de la presqu’île de Kernélehen. Ce promontoire rocheux, à 45 mètres d’altitude, surplombe l’estuaire de la rivière de Morlaix, sur sa rive droite, ainsi que la baie. Morlaix, desservie par le train, se trouve au sud : pour rejoindre le site, mieux vaut prévoir une voiture ou un vélo.

Quand venir

Sur ce promontoire exposé, l’été breton est doux : de mai à septembre, les maximales vont de 17 à 22 °C, sans canicule. Juin et juillet offrent environ 220 heures de soleil par mois, contre 66 en décembre, et les jours de pluie passent de 9 à 10 en été à plus de 17 en novembre et décembre. Mai, juin et septembre sont généralement plus calmes que juillet et août.

  • Janv10°
  • Févr10°
  • Mars13°
  • Avr14°
  • Mai17° : conseillé
  • Juin20° : conseillé
  • Juil22° : conseillé
  • Août22° : conseillé
  • Sept20° : conseillé
  • Oct17°
  • Nov13°
  • Déc10°

Mois conseillésValeur : température maximale moyenne

Le meilleur moment : En fin d’après-midi, quand la lumière rasante souligne les pierres et que la baie scintille, ou en dehors des vacances scolaires pour éviter l’affluence.

10°4°janv10°4°févr13°4°mars14°5°avr17°8°mai20°10°juin22°12°juil22°13°août20°10°sept17°9°oct13°6°nov10°4°déc
Températures moyennes (mini → maxi)Précipitations
22 °Cmaximales moyennes en août
4 °Cminimales moyennes en février
984 mmde pluie par an
154 joursde pluie (≥ 1 mm) par an
1765 hd’ensoleillement par an

Normales 1991-2020, Météo-France (Licence Ouverte), stations Morlaix (7 km), Sibiril S A (16 km).

Météo des prochains jours

  • mar. 20Beau temps
    15° / 8°
    2,4 mm
  • mer. 21Averses
    13° / 11°
    10,2 mm
  • jeu. 22Pluie
    15° / 11°
    9,6 mm
  • ven. 23Averses
    13° / 11°
    12,4 mm

Prévisions MET Norway (api.met.no, CC BY 4.0), mises à jour chaque jour.

Nos conseils pour la visite

  • Emportez un coupe-vent : le promontoire est exposé aux vents du large, même en été.
  • Chaussez-vous pour marcher sur l’herbe et les pierres, parfois glissantes après la pluie.
  • Ne montez pas sur le cairn : ses pierres sèches sont restaurées et fragiles.
  • Vérifiez avant de partir les horaires, les tarifs et les conditions d’accès aux dolmens sur le site officiel.

Où dormir à proximité

Autres hébergements : données © les contributeurs d’OpenStreetMap (ODbL), établissements disposant d’un site web, distances à vol d’oiseau.

En images

Le cairn de Barnenez vu du sud-est, avec la baie de Morlaix à gauche
Le cairn de Barnenez vu du sud-est, avec la baie de Morlaix à gauche — Gerhard Haubold, CC BY-SA 3.0
Entrée d'un couloir de dolmen dans les murs de pierres sèches du cairn de Barnenez
Entrée d’un couloir de dolmen dans les murs de pierres sèches du cairn de Barnenez — Gerhard Haubold, CC BY-SA 3.0
Le cairn de Barnenez vu de l'est, avec un visiteur au pied du parement de pierres sèches
Le cairn de Barnenez vu de l’est, avec un visiteur au pied du parement de pierres sèches — Gerhard Haubold, CC BY-SA 3.0

Questions fréquentes

Quel âge a le cairn de Barnenez ?

Le premier cairn est construit vers 4700 avant notre ère, avec une marge de datation comprise entre 5 010 et 4 400. Le second date d’environ 4300 à 4200. Le monument a donc plus de 6 000 ans et précède de plus de deux millénaires les premières pyramides d’Égypte.

Peut-on entrer dans les dolmens ?

Les entrées de plusieurs dolmens sont bien visibles sur la façade. En revanche, l’accès aux couloirs et aux chambres est réglementé et peut varier selon la saison ou l’état des pierres. Renseignez-vous auprès du site avant de venir. À l’accueil, une reproduction de la table gravée du couloir J permet d’observer le décor.

Qu’est-ce qu’un cairn ?

Un cairn est un amas de pierres retenu par des murs de parement. À Barnenez, il recouvre onze dolmens à couloir : des chambres funéraires accessibles par un passage couvert. Le cairn forme une grande butte étagée, construite en pierres sèches, c’est-à-dire sans mortier, qui protégeait les chambres.

À quoi servaient ces dolmens ?

Le préhistorien Pierre-Roland Giot les voyait comme plus que de simples tombes : des lieux à forte portée symbolique, entre monde des morts et monde des vivants. Les onze chambres sont très différentes les unes des autres, ce qui suggère que chacune avait un usage propre, au-delà du rôle funéraire.

Sources : Wikipédia : Cairn de Barnenez (CC BY-SA, faits vérifiés et reformulés) · Wikidata Q808456 (CC0) · Météo-France, données climatologiques mensuelles (Licence Ouverte) · Insee via geo.api.gouv.fr (Licence Ouverte) pour les villes proches. Photos : Wikimedia Commons, auteurs et licences indiqués sur chaque image.