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Passerelle de bois au-dessus des vestiges de Bliesbruck, avec les drapeaux français, européen et allemand
  • Gaule romaine
  • Monument historique

Parc archéologique européen de Bliesbruck-Reinheim

Un parc archéologique à cheval sur deux pays, où l’on passe d’une ville gallo-romaine à une tombe princière celtique.

Photo : Pradigue, CC BY-SA 3.0

Entre la Moselle et la Sarre, dans la vallée de la Blies, ce parc de soixante-dix hectares se partage entre la France et l’Allemagne. Il réunit les vestiges d’un bourg gallo-romain et de ses thermes, une grande villa de campagne et le souvenir d’une princesse celtique. Le site raconte six mille ans d’occupation continue. Il doit aussi sa singularité à une coopération rare entre archéologues français et allemands.

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  • Avec des enfants
  • Passionnés d’histoire
  • Photographie

Pourquoi ce site est remarquable

Voici d’abord un lieu qui ignore la frontière. Le parc a été lancé en 1989 par le département de la Moselle et le land de Sarre, avec le soutien de l’Union européenne, comme un symbole de coopération franco-allemande. Il s’étend sur soixante-dix hectares et les deux pays y ont fait des choix de présentation différents. Les chercheurs des deux rives ont fouillé côte à côte, d’un côté un quartier d’artisans et des thermes, de l’autre une grande villa.

Le site est aussi remarquable par sa durée. Des lamelles de silex du Mésolithique aux traces des migrations germaniques de l’Antiquité tardive, la vallée de la Blies a été habitée pendant environ six mille ans. Les fouilles ont mis au jour des tumulus de l’âge du bronze, des nécropoles de l’âge du fer et, en 1954, la tombe d’une princesse celtique, découverte dans une exploitation de sable proche de la Blies.

À l’époque romaine, un bourg se développe à partir de 40-50 après J.-C., sur l’axe qui relie Lyon à Trèves. Il compte des quartiers d’artisans et de commerçants, puis des thermes, une basilique et une fontaine. Au IIIe siècle, il couvre une trentaine d’hectares, tandis que la grande villa voisine ressemble à un véritable palais de campagne. Les invasions de la seconde moitié du siècle mettent un terme à cette prospérité.

Ce qu’il y a à découvrir

Les thermes de Bliesbruck

Côté français, ils furent le premier monument dégagé et fouillé, en 1982-1983 puis de 1988 à 1992. Les vestiges les mieux conservés remontent à la fin du IIe siècle et au milieu du IIIe siècle. Plus tard, les ruines servirent même d’abri et de refuge fortifié.

Le quartier des artisans et des commerçants

Les rues de la petite ville gallo-romaine bordaient des ateliers et des boutiques. Les habitants prenaient souvent leurs repas dans des établissements ouverts sur la rue. Un parcours bilingue, avec des panneaux en français et en allemand, guide la promenade à travers ces vestiges.

La grande villa romaine

Côté allemand, une vaste villa a atteint sa plus grande extension au IIe siècle ou durant la première moitié du IIIe siècle. Au plus fort de sa prospérité, les archéologues la décrivent comme un véritable palais campagnard, centre d’un territoire agricole organisé.

La princesse de Reinheim

Découverte en 1954 dans une sablière, sa tombe date de l’époque celtique de La Tène. Les archéologues l’ont rapprochée de celle de la Dame de Vix, trouvée un an plus tôt : deux sépultures aristocratiques qui ont renouvelé la vision des Celtes.

La vallée de la Blies

Une partie du parc a été laissée à la nature pour montrer le paysage de la vallée. En arrière-plan se dresse le Homerich, une colline qui a peut-être abrité un sanctuaire, et où l’on a retrouvé les traces d’un monument funéraire du VIIe siècle.

Le saviez-vous ?

  1. Dans un rayon de dix kilomètres autour de Bliesbruck, les archéologues ont recensé cent quatre-vingt-sept exploitations rurales datées des IIe et IIIe siècles, des domaines agricoles qui entouraient la petite ville.
  2. Aux XVe et XVIe siècles, on a bâti un four dans l’ancien frigidarium des thermes : les ruines romaines servaient alors d’habitat, voire de point fortifié.
  3. Dans la nécropole du Furtweg, un homme mort vers 200 avant J.-C. fut peut-être un guerrier engagé auprès des Carthaginois, en Sicile.
  4. Sur la colline du Homerich, une tombe du VIIe siècle s’accompagnait d’une fosse contenant quatre chevaux décapités, ainsi que deux chiens, selon un rituel venu d’Europe orientale.
  5. En 1760, un orage provoque un glissement de terrain qui met au jour les premières urnes funéraires du site : les premières découvertes attestées remontent donc à plus de deux siècles et demi.

Situation

Le parc occupe la rive gauche de la Blies, au creux d’une large vallée, entre le village français de Bliesbruck, en Moselle, et le village allemand de Reinheim, en Sarre. Les deux localités sont reliées par une route départementale. Le site est à environ 75 kilomètres de Metz et à quinze kilomètres de Sarrebruck. On y vient surtout en voiture, par les routes de la vallée.

Quand venir

Le parc se visite essentiellement en extérieur, sur des vestiges sans ombre. De mai à septembre, les après-midi atteignent 20 à 26 °C, sans chaleur excessive, et l’ensoleillement est le plus généreux. De novembre à février, le gel nocturne, les jours de pluie fréquents et la lumière rare rendent la promenade moins agréable. Vérifiez les dates d’ouverture avant de venir.

  • Janv5°
  • Févr7°
  • Mars12°
  • Avr16°
  • Mai20° : conseillé
  • Juin24° : conseillé
  • Juil26° : conseillé
  • Août25° : conseillé
  • Sept21° : conseillé
  • Oct15°
  • Nov9°
  • Déc6°

Mois conseillésValeur : température maximale moyenne

Le meilleur moment : En milieu de matinée ou en début d’après-midi, par beau temps, pour parcourir sans hâte les deux versants du parc ; consultez à l’avance les horaires d’ouverture.

5°-1°janv7°-1°févr12°1°mars16°4°avr20°8°mai24°12°juin26°14°juil25°13°août21°9°sept15°6°oct9°3°nov6°0°déc
Températures moyennes (mini → maxi)Précipitations
26 °Cmaximales moyennes en juillet
-1 °Cminimales moyennes en janvier
892 mmde pluie par an
132 joursde pluie (≥ 1 mm) par an
1752 hd’ensoleillement par an

Normales 1991-2020, Météo-France (Licence Ouverte), stations Remelfing (7 km), Volmunster (15 km).

Météo des prochains jours

  • mar. 20Nuageux
    12° / 6°
    0,3 mm
  • mer. 21Pluie
    13° / 8°
    5,9 mm
  • jeu. 22Nuageux
    11° / 4°
    6,8 mm
  • ven. 23Pluie
    10° / 8°
    9,6 mm

Prévisions MET Norway (api.met.no, CC BY 4.0), mises à jour chaque jour.

Nos conseils pour la visite

  • Prévoyez de bonnes chaussures et un chapeau : les vestiges sont à l’air libre, parfois sur un sol caillouteux.
  • Comptez le temps nécessaire pour voir les deux versants du parc, chacun présentant des vestiges différents.
  • Associez la visite du site au musée, qui apporte le contexte de cette longue occupation de la vallée.
  • Emportez un vêtement de pluie : il y pleut fréquemment, de 52 à 96 mm par mois selon la saison.

Où dormir à proximité

Autres hébergements : données © les contributeurs d’OpenStreetMap (ODbL), établissements disposant d’un site web, distances à vol d’oiseau.

En images

Vue d'ensemble du parc de Bliesbruck-Reinheim : buttes herbeuses, murs de vestiges et collines de la vallée
Vue d’ensemble du parc de Bliesbruck-Reinheim : buttes herbeuses, murs de vestiges et collines de la vallée — Flocci Nivis, CC BY 4.0
Murs de thermes gallo-romains avec une arche de brique et, derrière, un bâtiment à toit de tuiles
Murs de thermes gallo-romains avec une arche de brique et, derrière, un bâtiment à toit de tuiles — Flocci Nivis, CC BY 4.0
Salle des thermes de Bliesbruck, murs de pierre, sol de gravier et marches de bois
Salle des thermes de Bliesbruck, murs de pierre, sol de gravier et marches de bois — Flocci Nivis, CC BY 4.0
Murs bas de la ville romaine dans la vallée, avec un bâtiment de pierre à toit de tuiles au loin
Murs bas de la ville romaine dans la vallée, avec un bâtiment de pierre à toit de tuiles au loin — Flocci Nivis, CC BY 4.0

Questions fréquentes

Le parc est-il en France ou en Allemagne ?

Il est des deux côtés. Le parc archéologique européen se partage entre Bliesbruck, en Moselle, et Reinheim, en Sarre. Les deux villages sont reliés par une route. Chaque pays a fait des choix de présentation propres, ce qui donne deux visages à un même site antique.

Que peut-on voir à Bliesbruck-Reinheim ?

Côté français, on découvre les thermes et le quartier des artisans de la petite ville gallo-romaine. Côté allemand, on découvre la grande villa romaine. Le parc rappelle aussi la tombe de la princesse celtique de Reinheim, et un musée complète la visite. Les panneaux sont rédigés en deux langues.

Quel âge ont les vestiges ?

Ils s’échelonnent sur environ six mille ans. Les plus anciennes traces sont des lamelles de silex du Mésolithique. La princesse de Reinheim date de l’époque celtique, alors que la ville romaine s’est développée à partir de 40-50 après J.-C. et a atteint son apogée au IIIe siècle.

Pourquoi la ville romaine a-t-elle décliné ?

À la fin du IIIe siècle, les invasions germaniques ont frappé la région. Le site subit des incendies vers 260, puis vers 275-276, les quartiers d’artisans sont détruits, la basilique et la fontaine disparaissent. Le site se réduit ensuite peu à peu et le déclin s’achève au milieu du Ve siècle.

Peut-on faire la visite en famille ?

Oui : le parc offre de grands espaces ouverts, des passerelles de bois et des vestiges variés. Il couvre soixante-dix hectares, donc prévoyez de la marche. Se renseigner auprès du site sur les visites guidées et les animations proposées selon les saisons.

Sources : Wikipédia : Parc archéologique européen de Bliesbruck-Reinheim (CC BY-SA, faits vérifiés et reformulés) · Wikidata Q1377888 (CC0) · Météo-France, données climatologiques mensuelles (Licence Ouverte) · Insee via geo.api.gouv.fr (Licence Ouverte) pour les villes proches. Photos : Wikimedia Commons, auteurs et licences indiqués sur chaque image.