Voici d’abord un lieu qui ignore la frontière. Le parc a été lancé en 1989 par le département de la Moselle et le land de Sarre, avec le soutien de l’Union européenne, comme un symbole de coopération franco-allemande. Il s’étend sur soixante-dix hectares et les deux pays y ont fait des choix de présentation différents. Les chercheurs des deux rives ont fouillé côte à côte, d’un côté un quartier d’artisans et des thermes, de l’autre une grande villa.
Le site est aussi remarquable par sa durée. Des lamelles de silex du Mésolithique aux traces des migrations germaniques de l’Antiquité tardive, la vallée de la Blies a été habitée pendant environ six mille ans. Les fouilles ont mis au jour des tumulus de l’âge du bronze, des nécropoles de l’âge du fer et, en 1954, la tombe d’une princesse celtique, découverte dans une exploitation de sable proche de la Blies.
À l’époque romaine, un bourg se développe à partir de 40-50 après J.-C., sur l’axe qui relie Lyon à Trèves. Il compte des quartiers d’artisans et de commerçants, puis des thermes, une basilique et une fontaine. Au IIIe siècle, il couvre une trentaine d’hectares, tandis que la grande villa voisine ressemble à un véritable palais de campagne. Les invasions de la seconde moitié du siècle mettent un terme à cette prospérité.