L’Archéo-Logis organise des conférences grand public présentées par des spécialistes et acteurs de la recherche en France dans le domaine de l’archéologie.

Les conférences de l’Archéo-logis reprennent le jeudi 15 juillet.

L’entrée à ces manifestations est payante pour les adultes (5€) et la réservation est obligatoire au 0608568546.

Le port du masque est obligatoire dans l’espace de conférence, gel désinfectant à l’entrée, respect des distances de sécurité.

Les conférences débutent à 21h.


Jeudi 15 juillet :

Quelle préhistoire en Mézenc-Gerbier ? Par Jean-Paul Raynal, CNRS


Les hautes Cévennes de l’espace vivaro-vellave ont été parcourues depuis au moins 300 millénaires par deux humanités successives, Néanderthal et Sapiens dans ses différents états. Les traces de ces passages et stationnements au coeur du massif Mézenc-Gerbier caractérisent surtout une période récente de la préhistoire, et c’est surtout à la périphérie des plateaux que se rencontrent des vestiges plus anciens. Cette situation est sans doute plus le reflet des activités des chercheurs que celui des réalités préhistoriques.

Jean-Paul Raynal est directeur de recherche émérite au CNRS (UMR 5199, université de Bordeaux) et travaille sur la co-évolution des milieux naturels et des populations préhistoriques dans le sud du Massif central depuis 1974.


Jeudi 22 juillet :

Diatomées des eaux auvergnates, de la préhistoire à demainPar Aude Bauger, CNRS


Aulacoseira subarctica et Cyclotella comensis observées dans les sédiments du lac d’Issarlès. Crédit photo : Emmy Voyer et Aude Beauger

Vivantes, les diatomées produisent un quart de l’oxygène que nous respirons, elles sont à la base de la chaîne alimentaire et sont considérées comme de bons bio-indicateurs de la qualité de l’eau. De plus, leur « squelette » de silice peut se conserver à l’état fossile et grâce aux informations associées à chaque espèce, une reconstitution des conditions paléo-environnementales locales des zones humides, lacs, etc. peut être réalisée. Exemples auvergnats.

Aude Bauger est Ingénieur de recherche hydroécologue au CNRS (laboratoire GEOLAB UMR 6042, Clermont-Ferrand). Elle a présenté en 2008 une thèse de doctorat consacrée à la « Bio-évaluation de la qualité de l’eau: établissement d’un protocole d’échantillonnage simplifié, basé sur la collecte des macroinvertébrés benthiques sur les seuils des rivières à charge de fond graveleuse ». Ses thèmes de recherche concernent l’écologie des communautés benthiques aquatiques (en rivières, lacs, sources minérales), la réponse de la biodiversité aux contraintes environnementales dont l’influence des rayonnements ionisants et la variabilité temporelle des communautés. Elle collabore actuellement à l’étude du système lacustre du lac de cratère d’Issarlès.


Jeudi 29 juillet :

Les Cévennes, ça existe ? Par Hervé Quesnel


Hervé Quesnel est né en 1947 et habite le Velay depuis 1967. Professeur de français et de philosophie, il obtient en 1989 un DEA de linguistique à l’Université de Lyon 2, «Le français régional écrit et parlé au Puy-en-Velay, au XIXe siècle». L’essentiel de son travail porte donc sur l’occitan parlé en Velay. Il contribue régulièrement aux Cahiers de la Haute-Loire et aux Cahiers du Mézenc dans lesquels il a récemment questionné la notion de Cévennes.


Jeudi 5 août :

Les ours du Paléolithique: objets de culte et gibiers? Par Dominique Armand, Université de Bordeaux


Côte d’ours de Font-de-Gaume (Dordogne) avec des tries de boucherie. Photo P. Jugie, MNP

Des découvertes récentes et de nouvelles études permettent de se faire une autre idée des relations entre les hommes et les ours à l’époque préhistorique. De discrets témoignages signalent un rôle symbolique de l’Ours au Paléolithique supérieur, mais c’est surtout pour son exploitation (viande et peau), par Neandertal et par les humains modernes, que les exemples se multiplient.

Dominique ARMAND est ingénieure, chargée de collections muséales de préhistoire de l’Université de Bordeaux au sein de  l’UMR PACEA. Ses travaux en archéozoologie sont plus particulièrement orientés vers l’étude des Ours et de leur exploitation par les préhistoriques. Cette compétence reconnue fait qu’elle est régulièrement sollicitée pour des conférences et qu’elle a participé en tant que commissaire à différentes expositions sur l’Ours réalisées par les Muséums de Bordeaux, Toulouse et Paris.


Jeudi 12 août :

Le Néolithique est-arabique face aux changements climatiquesPar Jean-François Berger, CNRS


Mangrove actuelle de Mascate-sur le wadi Adai. Photo J.-F. Berger

Ras al Jinz-tortue verte sur plage occupée par les néolithique et Mesa à tombes Bronze ancien. Photo J.-F. Berger

Vieux villages de pêcheurs (19e s) le long d’une embouchure de wadi sur littoral du Dhofar. Photo J.-F. Berger

Les variations latitudinales de la mousson indo-arabique et celles du niveau marin ont en partie conditionné l’évolution des populations néolithiques côtières. Dans des environnements marins très productifs, favorisés par de vastes upwellings côtiers, elles exploitent les ressources marines et laguno-deltaïques (notamment les mangroves) dont on retrouve les vestiges dans de vastes amas coquilliers. Des études pluri-disciplinaires combinées (sites archéologiques, lagunes, océan indien, speleothems) documentent l’évolution du climat, de l’hydrologie et des écosystèmes. Elles permettent de proposer des scénarios évolutifs entre 6500 et 2500 av. J.C.

Jean-François Berger est directeur de recheche au CNRS (UMR 5600, EVS, équipe IRG  Lyon 2). Médaille de bronze du CNRS en 2000, ses thèmes de recherche traitent de la co-évolution des environnements et des sociétés dans la zone méditerranéenne (France, Bulgarie, Grèce, Tunisie, Maroc), dans la péninsule arabique et en Asie centrale : paléoenvironnements fluviaux et littoraux, dynamique des feux, paléoclimats ; forçages sociétaux holocènes sur l’environnement, émergence du paléo-anthropocène ; modèles de peuplement anciens : seuil, rupture, réorganisation, résilience ; réponses sociétales aux changements climato-environnementaux planétaires ; mesure de l’impact de l’évolution géomorphologique sur la préservation des sites archéologiques. Il a publié six ouvrages et 165 articles spécialisés.


Jeudi 19 août :

D’est en ouest de la Méditerranée autour du dernier million d’années – Regards croisés palynologue-préhistorien. Par Valérie Andrieu-Ponel et Jean-Paul Raynal, CNRS


Jeudi 26 août :

Préhistoire : des réseaux sociaux, déjà ? Par Vincent Delvigne, CNRS


La percée méthodologique effectuée ces quinze dernières années dans l’étude de l’origine des matériaux en silex retrouvés dans les sites archéologiques, a permis de démontrer, pour le Massif central, la circulation de silex (et d’hommes) sur plusieurs centaines de kilomètres. Ces déplacements à longue distance ne sont pas anecdotiques, mais constituent un phénomène structurant des comportements passés. Les espaces ainsi identifiés s’articuler et forment des réseau de lieux qui sont l’ancrage physique des traditions de la Préhistoire. L’application à la de techniques d’analyse de réseaux, classiquement employées pour comprendre les réseaux sociaux de l’internet, modifie la manière dont les préhistoriens abordent l’espace (et donc le temps) des préhistoriques : qu’est qu’un vide ? qu’est-ce qu’un site ? qu’est qu’une culture ? Cette conférence abordera ces notions et, partant de l’objet en silex, étendra les réflexions aux pratiques scientifiques qui fondent les recherches en Préhistoire. 

Vincent Delvigne est chargé de recherche au CNRS, UMR 7055 Prétech et chercheur associé au Service de Préhistoire,de l’Université de Liège. 


—– Conférence annulée —–

Jeudi 23 septembre :

Les grottes ornées paléolithiques des gorges de l’Ardèche. Par Julien Monney, Université Savoie Mont Blanc.


Deux grands signes bilobés de la grotte aux Points d’Aiguèze, très similaires à ceux de la grotte Chauvet Photo Monney.

Les recherches pluridisciplinaires menées depuis 2008 dans les grottes ornées des gorges de l’Ardèche (grotte aux Points, Huchard, Tête-du-Lion, Deux-Ouvertures) contribuent à la connaissance de l’art pariétal paléolithique du sud-est de la France. En plus des fouilles archéologiques, des études peu courante telle que l’étude des dermatoglyphes palmaires (équivalents des empreintes digitales) selon les méthodes forensic (police scientifique) permettent d’accéder aujourd’hui à une connaissance intime des individus qui imprimèrent leurs mains contre les parois de certaines grottes. Ces recherches paléontologiques, anthracologiques, ainsi que l’étude des matières colorantes et lithiques permettent de même de situer plus précisément le site exceptionnel que constitue la Grotte Chauvet dans son contexte géographique et culturel.

Julien Monney est titulaire d’un doctorat en anthropologie préhistorique ayant porté sur l’ethnoarchéologie de l’art rupestre. Il dirige le projet « datations grottes ornées » (DGO) le long des gorges de l’Ardèche depuis 2008. Il a également été membre de l’équipe scientifique en charge de l’étude de la grotte Chauvet, de 2004 à 2017 sous la direction de Jean-Michel Geneste. Parallèlement à cela, il collabore étroitement avec Emilie Chalmin et Hélène Salomon dans le cadre du projet Pigmentothèque. Par ailleurs, il mène des recherches pluridisciplinaires aux Antilles, sur les roches gravées précolombiennes de Guadeloupe. Enfin, il participe de manière informelle aux recherches ethnographiques dirigées par Leïla Baracchini en Afrique australe sur l’art San contemporain (Kuru Art Project).